Le spectacle turc, numéro par numéro
Dans cet article
« Danses folkloriques turques traditionnelles et danse du ventre » : c’est ainsi que la plupart des croisières décrivent leur soirée, et cela sous-vend largement ce qui se passe vraiment sur scène. Le programme se déroule en huit numéros et traverse plusieurs traditions distinctes — centrasiatique, anatolienne, caucasienne, ottomane — qui se trouvent réunies à Istanbul.
Voici ce qu’est chaque numéro et d’où il vient.
Les Huit Numéros
Oba Dombra
Rythme chamanique d’Asie centrale joué au dombra à deux cordes
Mevlânâ — le sema
Cérémonie tournoyante de l’ordre mevlevi, Konya, XIIIe siècle
Sarı Gelin
Danse populaire anatolienne sur une chanson partagée par les traditions turque, arménienne, azerbaïdjanaise et persane
Pot-pourri azerbaïdjanais
Répertoire populaire caucasien — plus rapide et plus droit que le style anatolien
Spectacle oriental
Danse du ventre, héritière du divertissement de cour et de ville ottoman
Pot-pourri turco-anatolien
Plusieurs styles régionaux enchaînés
Gandagan géorgien et pot-pourri caucasien
Danse géorgienne, avec séquence de poignards — lancés et rattrapés en rythme
Ensuite : saxophone live et DJ
Non traditionnel — le dernier moment de la soirée, pendant le retour
L’ordre change d’un soir à l’autre : nous ne promettons donc pas tel numéro à tel moment.
Oba Dombra — l’Ouverture Centrasiatique
La soirée ne commence pas par quelque chose de turc au sens anatolien. Elle commence plus à l’est.
Le dombra est un luth à manche long et deux cordes de la steppe d’Asie centrale — kazakh et turcique — joué avec un battement rapide de la main droite qui produit un rythme insistant et percussif. Ce que vous entendez tient plus du motif de tambour chamanique que de la mélodie, et c’est délibérément la première chose que vous entendez.
Le sens de cette ouverture est historique. Les peuples turciques sont arrivés en Anatolie depuis l’Asie centrale, et ouvrir la soirée sur un rythme de la steppe replace tout ce qui suit dans cette longue lignée, au lieu de traiter « le turc » comme quelque chose qui aurait commencé sur le Bosphore.
La Cérémonie des Derviches
Le deuxième numéro est le sema, la cérémonie tournoyante de l’ordre mevlevi, fondé à Konya au XIIIe siècle par les disciples de Mevlânâ Celâleddîn-i Rûmî.
Ce n’est pas une danse, et il vaut mieux le savoir avant de regarder. C’est une forme de dévotion. Le tournoiement est une méditation : le derviche tourne sur le pied gauche, la paume droite tournée vers le haut pour recevoir, la gauche vers le bas pour transmettre ; le haut chapeau de feutre figure la pierre tombale de l’ego, et la jupe blanche son linceul. Ce qui frappe, c’est le tournoiement lui-même : mesuré, sans hâte, tenu bien plus longtemps qu’il ne semble possible.
L’usage veut qu’on n’applaudisse pas pendant le sema. Les applaudissements viennent à la fin, et beaucoup disent que c’est précisément le silence qui fait ce numéro.
Sarı Gelin et les Danses Anatoliennes
Sarı Gelin — « la mariée blonde » ou « la mariée jaune » selon la lecture — est l’une des chansons les plus partagées de la région. Les traditions turque, arménienne, azerbaïdjanaise et persane en revendiquent chacune une version, ce qui en dit long sur l’imbrication réelle de ces cultures.
Ici, elle est dansée dans le langage du folklore anatolien, en costume : lignes enlacées, petits pas précis, toute la ligne bougeant comme un seul corps et non comme des individus. Plus loin dans le programme, un pot-pourri turco-anatolien plus large enchaîne plusieurs styles régionaux.
Azerbaïdjan et Caucase
Deux numéros viennent de l’autre côté de la mer Noire.
Le pot-pourri azerbaïdjanais est proche parent du matériau anatolien, mais plus rapide et plus droit, avec le travail sec des épaules et des poignets qui caractérise le style caucasien.
Le Gandagan géorgien est le numéro que les gens filment. La danse géorgienne est connue pour ses hommes qui dansent sur la pointe des pieds sans chaussures renforcées, et pour les poignards : la séquence de poignards de ce numéro est une chorégraphie authentique de cette tradition, lancés et rattrapés en rythme. Ce sont les minutes les plus bruyantes de la soirée.
La Danse Orientale
La danse orientale — oryantal en turc, connue dans le monde comme danse du ventre — est le numéro le plus attendu et le plus mal compris.
Elle descend du divertissement de cour et de ville ottoman, et techniquement elle est bien plus difficile qu’elle n’en a l’air : isoler les hanches et la cage thoracique en gardant le buste immobile demande des années. Regardez les épaules et les mains plutôt que les hanches, et vous verrez la discipline qu’il y a dedans.
À un moment, la danseuse descend entre les tables. Cela fait partie de la forme, cela ne l’interrompt pas.
Saxophone et DJ
Une fois le programme terminé, le registre change complètement : d’abord un saxophone live, puis un set de DJ pour tout le reste du retour.
C’est la partie de la soirée qui ne parle plus du tout de tradition. Les tables se vident, une bonne partie de la salle est debout, et le bateau redescend la rive asiatique avec la ville allumée des deux côtés. Beaucoup passent ce moment sur le pont ouvert, ce qui est une décision parfaitement raisonnable.
Comment le Regarder
- Votre place détermine ce que vous voyez. Les tables proches de la scène vous donnent le spectacle de face ; celles près des vitres vous donnent la rive mais vous placent de côté. Si vous venez pour le programme, montez tôt ou réservez une table près de la scène à l’avance.
- N’applaudissez pas pendant le sema. C’est de la dévotion, pas un numéro de variétés. Les applaudissements, à la fin.
- L’ordre change. Nous ne promettons pas tel numéro à telle heure ; la séquence se décale d’un soir à l’autre.
- Les photos sont permises, même si la cérémonie des derviches passe mieux en vidéo qu’en image fixe.
- Les numéros viennent à vous. Plusieurs se déplacent entre les tables : une place près de l’allée n’est donc pas une moins bonne place.
La place du spectacle dans l’ensemble de la soirée est décrite dans le récit heure par heure.
Regardez-le depuis votre table
Dîner, spectacle en huit numéros et le parcours complet du Bosphore, chaque soir au départ de Kabataş. Paiement à bord — aucune donnée bancaire, aucun prépaiement.
Voir la croisière →Questions fréquentes
Quel spectacle propose une croisière-dîner sur le Bosphore ?
Huit numéros issus de plusieurs traditions : un rythme centrasiatique au dombra, une cérémonie de derviches mevlevis, la danse populaire anatolienne Sarı Gelin, un pot-pourri azerbaïdjanais, une danse orientale, un pot-pourri turco-anatolien, le Gandagan géorgien avec séquence de poignards, et pour finir un saxophone live suivi d’un set de DJ.
Y a-t-il un spectacle de derviches tourneurs ?
Oui — le sema est le deuxième numéro du programme et il est donné chaque soir. C’est la cérémonie tournoyante de l’ordre mevlevi, fondé à Konya au XIIIe siècle. C’est une forme de dévotion plutôt qu’une danse, et l’usage veut qu’on n’applaudisse pas pendant.
Combien de temps dure le spectacle ?
Il se déroule tout au long de la soirée en huit numéros plutôt qu’en un bloc continu, réparti entre les services. Nous ne promettons pas tel numéro à telle heure : l’ordre change d’un soir à l’autre.
La danse du ventre convient-elle aux familles ?
Oui. La danse orientale à bord est exécutée dans la tradition scénique : en costume, chorégraphiée et pensée pour une salle où il y a des familles. Il y a des enfants à bord presque tous les soirs et le programme en tient compte.
Où faut-il s’asseoir pour voir le spectacle ?
Les tables les plus proches de la scène vous donnent les numéros de face ; celles près des vitres vous donnent la rive mais vous placent de côté par rapport à la scène. Monter tôt permet de choisir, et une table près de la scène se réserve à l’avance. Plusieurs numéros se déplacent aussi entre les tables : une place près de l’allée n’est donc pas moins bonne.
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